
Les pressions sur les prix se sont intensifiées en juillet 2008. L’inflation s’est ainsi établie à 5,1% en glissement annuel, après avoir atteint 4,7% en juin et 5,4% en mai en raison de la poursuite de la hausse des prix des produits alimentaires de base, ainsi que du relèvement des prix de certains carburants. Tel est le constat de Bank Al-Maghrib établi dans son nouveau rapport sur la politique monétaire, préparé pour son Conseil Administratif du 23 septembre 2008.
Le renchérissement des produits frais a également contribué à cette évolution, ajoute-t-on de même source. L’inflation sous-jacente s’est maintenue à un rythme de croissance élevé en glissement annuel, soit 4,7%, après 4,8% en juin et 4,9% en mai. Par ailleurs, la décomposition de l’inflation par nature de produits, laisse apparaître une poursuite de l’effet de diffusion des prix des échangeables vers les non échangeables, en particulier les services.
Les pressions sur les prix sont également perceptibles au niveau des prix de la production industrielle, l’indice des industries manufacturières ayant augmenté de 28,2%, après une hausse de 26,5% enregistrée en juin. En effet, et compte tenu de l’augmentation des prix à, l’importation, les coûts des intrants des entreprises manufacturières ont enregistré une forte hausse qui s’est répercutée sur les prix à la production industrielle, notamment dans l’industrie du raffinage et les industries alimentaire, chimique et métallurgique.
Les données disponibles ainsi que les prévisions macroéconomiques pour 2008 tendent à confirmer la reprise de l’activité économique nationale, malgré le ralentissement de la croissance économique dans la zone euro. Elle est essentiellement tirée, au plan sectoriel, par le rebond du secteur primaire, le dynamisme continu des activités non agricoles, et par la vigueur de la consommation et de l’investissement. En effet, après avoir progressé de 7% au premier trimestre, la croissance devrait se situer en moyenne à 6,7% au cours des deuxième et troisième trimestres 2008, et aux alentours de 6,5% pour l’ensemble de l’année.
Dans ces conditions, l’output gap global, selon les estimations de
Bank Al-Maghrib, a affiché une valeur positive au cours du deuxième trimestre 2008.
L’output gap non agricole a également affiché une valeur positive supérieure à celle enregistrée pendant la même période de l’année précédente. La tendance de ces deux indicateurs devrait se maintenir pour l’ensemble de l’année. Pour sa part, le taux d’utilisation des capacités de production dans le secteur industriel, a progressé au terme du mois de juillet 2008, après la baisse enregistrée le mois précédent. Dans ce contexte, les conditions d’emploi se sont améliorées au deuxième trimestre 2008. En outre, comme indiqué au précédent Rapport sur la politique monétaire, l’augmentation du SMIG en juillet 2008 et 2009 aura un effet significatif et durable sur l’inflation. Au total, l’analyse de l’ensemble de ces indicateurs laisse entrevoir un accroissement des pressions sur les prix au cours des prochains trimestres.
Au niveau monétaire, les derniers chiffres disponibles indiquent que l’orientation des conditions monétaires n’a pas connu de changements significatifs depuis le dernier RPM. Elles demeurent en effet marquées par la poursuite tant du ralentissement de la croissance monétaire que du dynamisme du crédit, dont le rythme de progression s’est toutefois légèrement atténué. Le rythme de croissance de M3 est revenu à 12,2% en juillet, après 13,8% en moyenne au cours du premier semestre, réduisant l’ampleur de l’excédent monétaire. Bien que son expansion demeure relativement vigoureuse, le crédit bancaire a connu en juillet une légère décélération, en glissement annuel, en liaison avec le recul de la croissance de l’ensemble des catégories de crédit et la contraction de l’encours des créances en souffrance.
(Lopinion.ma)