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jeudi 27 octobre 2005

Caftan Marocain

Caftan 2007: Les carcans tombent, les corps se dévoilent :

· Originalité et surprise pour un événement très attendu du CAFTAN MAROCAIN
· Les stylistes, du plus confirmé au nouveau talent, ont rivalisé d'imagination pour un caftan marocain encore plus moderne
· Invité d'honneur, Jean-Paul Gaultier a charmé l'assistance, kaftan.

Les lumières s'éteignent, les musiques se lèvent, le tout sur fond de Médersa...les spectateurs retiennent leur souffle quand apparaît Estelle Hallyday, un des mannequins vedettes du Caftan marocain, drapée dans un caftan trois pièces de taffetas kaki rehaussé de broderies grenat avec en bandoulière, un long collier de perles couleur pourpre. D'une démarche assurée, elle parcourt le podium, charmant ainsi un public curieux et attentif, venu aussi pour la voir. Tour à tour, avec Chrystèle Saint-Louis Augustin et les autres mannequins étrangers et marocain, elles ont déambulé sur le podium avec grâce et aisance devant un parterre attentif et ravi.

C'est sous le thème "2007" qu'était placé cet événement tant attendu, mais au lieu des Shéhérazades promises, quelle ne fût la surprise parfois de découvrir des modèles plus inspirés de la haute couture française ou italienne que du costume traditionnel marocain. Mais cela n'a pas empêché pour autant les couturières traditionnelles telles que Najat Hamoumi-Darraz, Amina Benzekri, Fadilah Berrada ou Tamy Tazi de sublimer le costume en le revisitant, façon empire ottoman, porteuses d'eau ou courtisanes des cours des rois de France. Ces couturières confirmées qui n'en sont pas à leur première tentative, ont su donner à leur collection des cachets classiques mais fastueux, avec toutefois des brins de fantaisie. Satins, brocarts, taffetas et soies se superposent, les broderies chargées s'entrelacent et les ceintures s'habillent d'or. L'habit est riche et le style demeure classique. Certaines pièces, tels des caftans sanglés dans des corsets en velours rebrodés or, sortaient tout droit des contes des mille et une nuits. C'est aussi avec des chinoiseries et des calligraphies brodées sur les tenues que les "anciennes" se sont distinguées. Les jeunes talents, quant à eux, ont su garder l'éclat d'antan de l'habit marocain en mariant tradition et modernité. Des coupes jusque-là jugées audacieuses ont été employées avec succès: les jambes se dévoilent, les bras se dénudent et les décolletés sont plongeants.

Fini le caftan-carcan, aujourd'hui c'est le caftan-robe suggestif et lascif, raccourci et souvent près du corps. C'est aussi le caftan tunique et sarouel qui rappelle incontestablement les troubadours ou les habits de fanfare. Mais aussi le caftan marocain à la mode des pharaons, tel que l'aurait peut-être porté Cléopâtre, avec des tissus perlés s'ouvrant sur des mousselines transparentes, le tout sans manches. La tendance cette année était sans doute au minimalisme. Bien que certains stylistes aient misé sur l'opulence du Caftan, en général les modèles ne pêchaient pas par excès. Le défilé était, par moments, empreint d'un grande sobriété.


L'étonnement saisit l'assistance lorsque les modèles de Mme Samira El Ilafi défilent. Osé mais applaudi, le bustier en Zellige sur jupe en panne de velours safran force l'admiration. On retrouve les zelliges avec motifs "beldi" dans les ceintures et les bustiers des robes.

Caftan marocain, Kaftan marocain :
Incontestablement asymétrique, la collection d'Albert Oiknine s'inspire aussi des costumes de théâtre. La pièce maîtresse de sa collection est un caftan en dentelle grise au dessus du genou avec, pardessus, une jupe longue avec des pans drapés dévoilant les jambes. La plus étonnante sans doute, c'est le "chaperon blanc" dont la cape large et évasée a déclenché les applaudissements de l'assistance. Style parfois psychédélique pour Emaèle Duque, dont l'imagination débordante s'est un peu éloignée de l'habit traditionnel marocain, excepté pour des caftans à capuchon style djellabas, très étriqués et confectionnés avec des tissus de saris. Néanmoins, ses modèles ont été très applaudis par le couturier français Jean-Paul Gaultier.

Certains créateurs, des nouveaux venus, ont surpris avec des modèles plus occidentaux qu'orientaux où l'on a pu voir des jupes frangées et des bustiers corsets, ou encore des shorts pailletés avec des hauts très courts. Des modèles haute-couture atténués néanmoins de "djellabas" ouvertes, façon coupe-vent en mousseline, ou en lin.

Comme pour les défilés européens, Caftan 2007, qui pendant une heure trente a vu l'histoire du costume se décliner d'après les interprétations des stylistes, aura son final. Accompagné des mannequins vedettes, c'est un Jean-Paul Gaultier souriant et "timide" qui a bouclé la manifestation saluant les ovations d'un public satisfait.

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